Histoire

Contrairement à l’île de la Réunion, Mayotte était déjà habitée bien avant sa fréquentation par les Européens. D’après les découvertes archéologiques, la présence humaine y remontrait en effet aux premiers siècles de notre ère. Cependant nous ignorons encore bien des choses sur le passé de Mayotte, particulièrement pour la période antérieure au XVe siècle pour laquelle très peu de sources sont disponibles.

Principaux repères historiques : 

VIIIe s : premiers peuplements (supposés) de l’île.

IXe - XIIe s : « civilisation Dembeni ».

IXe - XIIe s : première islamisation de l’île.

XIVe siècle : apparition de l’archipel des Comores sur les cartes marines.

XVe s : création du sultanat de Mayotte.

Fin XVIIIe - début XIX e s : nombreuses razzias de population par des Malgaches.

25 avril 1841 : traité entre le capitaine Passot et Andriansouli cédant Mayotte à la France.

16 février 1843 : ratification du traité de cession de Mayotte à la France.

1848 : fin de la construction de la digue reliant les îles de Dzaoudzi et Pamandzi.

mi XIXe - fin XIXe s : époque des industries sucrières.

Début XXe s : apparition des cultures d’ylang-ylang et diversification des productions.

1912 : la colonie de Mayotte et dépendances est rattachée à celle de Madagascar.

1946 : création du Territoire des Comores et instauration du suffrage universel.

1975-1976 : indépendance des Comores. Mayotte reste française. Opposition de l’ONU.

1995 : instauration d’un visa pour les Comoriens à l’entrée de Mayotte.

 

31 mars 2011 : Mayotte devient un département. Généralisation du droit commun.

L’histoire ancienne de Mayotte n’a laissé que très peu de traces dans les archives. Cette histoire doit donc être reconstituée principalement à partir de l’archéologie qui n’en est encore qu’à ses débuts. Les premiers peuplements de Mayotte trouvent leur origine à la fois dans les populations bantoues de la côte africaine et des apports austronésiens en provenance de Madagascar.

 

 

Les campagnes de fouilles portent actuellement sur deux sites : à Acoua et à Dembéni. Ce dernier site, déjà fouillé à plusieurs reprises à la fin du XXe siècle, est sans doute le plus important de Mayotte. La découverte de céramiques importées du golfe Persique, d’Inde, de Chine ainsi que de produits malgaches montre qu’à l’époque de Dembéni (IXe-XIIe ) Mayotte était un centre commercial actif dans l’océan Indien. La vitalité de Dembéni prend fin au XIIe s. Il semble s’ensuivre une période d’insécurité (apparition de remparts urbains) et la constitution de chefferies. 

Une culture métissée : 

L’islamisation de Mayotte est liée à la navigation et au commerce en provenance de la côte africaine et du golfe Persique. Des marins et marchands arabo-persans ont créé des cités commerçantes sur la côte africaine et apporté leur religion : l’islam. Le métissage culturel avec les populations côtières bantoues qui en résulte a donné naissance à une culture originale qui s’étendait de la Somalie actuelle au Mozambique en passant par les Comores et le nord ouest de Madagascar : la culture swahilie. Les îles Comores sont alors intégrées à l’aire culturelle swahilie.

Le sultanat s’établit à Mayotte au tournant des XVe-XVIe siècles. L’histoire du sultanat alterne des périodes de prospérité et des périodes d’insécurité dues à l’ambition de ses voisins (Anjouan) ou à l’installation de pirates dans l’archipel.

 

 

A la fin du XVIIIe-début XIXe s, Mayotte est soumise à des raids de pillage malgaches qui dévastent l’île et provoquent un effondrement de la population par déportation ou exil volontaire. Au début du XIXe siècle l’essentiel de la population de l’île est rassemblée sur le rocher de Dzaoudzi, plus facile à défendre. C’est là que dans les années 1830 un ancien roi malgache, Andriantsouli,  chasse le sultan de Mayotte et s’installe à sa place. La situation du nouveau sultan est très fragile et il ne parvient jamais à imposer son autorité sur l’ensemble de l’île. En 1841 il signe avec le représentant de la marine française un acte de cession de l’île à la France. 

La mosquée de Tsingoni
La mosquée de Tsingoni

Vers une production sucrière ? 

La nouvelle colonie tente alors de s’orienter vers l’exploitation sucrière, comme les autres «îles à sucre » des Antilles et de la Réunion. Mais la conjoncture n’est pas favorable et la main d’œuvre et les capitaux font défaut. Malgré l’abolition de l’esclavage dès 1846 et l’introduction de « travailleurs engagés » en provenance principalement de la côte Mozambique, Mayotte ne parvient jamais à devenir une grande productrice de sucre. Dès la fin du XIXe siècle l’aventure sucrière est un échec. Les colons cherchent alors à se tourner vers d’autres productions tropicales d’exportation, notamment la vanille et l’ylang qui subsistent encore aujourd’hui.

 

En 1886 les autres îles Comores passent sous protectorat de la France. Dzaoudzi est alors la capitale de l’archipel mais les Comores ne tardent pas à passer sous l’autorité du gouverneur de « Madagascar et dépendances ». La vague de décolonisation d’après-guerre affecte la région : Madagascar acquiert son indépendance en 1962. L’archipel des Comores obtient le statut de Territoire d’Outre-Mer.

 

En 1974 la France organise un référendum dans les îles : celles-ci se prononcent pour l’indépendance, à l’exception de Mayotte qui veut rester dans la république. Mayotte devient alors une collectivité territoriale, puis une collectivité départementale avant d’obtenir le statut de département français en 2011. 

Vestiges de l'usine sucrière de Soulou
Vestiges de l'usine sucrière de Soulou