Flore

Plus de 1 300 espèces de plantes constituent la flore de Mayotte. Plus de la moitié d’entre elles sont des espèces indigènes (introduites naturellement sur l’île) ou endémiques (qu’on ne trouve qu’à Mayotte ou dans la région proche). Cette végétation naturelle d’origine abrite l’essentiel de la biodiversité terrestre de l’île mais n’occupe plus cependant que 5% du territoire.

Les espèces exotiques (introduites il y a plus ou moins longtemps par l’homme) couvrent la plus grande partie de l’espace terrestre de Mayotte.

 

 

La végétation naturelle et la flore indigène de Mayotte possèdent nombre de caractéristiques qui les rendent exceptionnelles, voire uniques pour certaines de leurs composantes. Mayotte possède un remarquable condensé de végétation tropicale sur un territoire restreint.

Les mangroves : 

Les nombreuses baies, le marnage important (il peut atteindre près de quatre mètres) et la protection conférée par le récif ont permis l’établissement de forêts particulières : les mangroves. Etablies sur des substrats sablo-vaseux, ces forêts amphibies sont  composées principalement  de  palétuviers (on en compte sept espèces différentes à Mayotte) ; un grand nombre d’espèces de poissons et de crustacés s’y développent, s’y alimentent et s’y reproduisent.

 

Situées à l’interface des terres et du milieu marin, les mangroves filtrent une partie des sédiments terrestres entrainés par le ruissellement des eaux de pluie ; elles constituent aussi une protection naturelle contre la houle.

 

En amont des mangroves, les arrière-mangroves sont des forêts marécageuses abritant une vingtaine d’espèces végétales dont le rôle est de fixer une partie des sédiments terrigènes avant que ceux-ci  arrivent dans les mangroves elles-mêmes, limitant ainsi leur étouffement.

 

 

Mais ces formations végétales sont très menacées (souvent détruites au profit des activités humaines : constructions, aménagements divers).

Milieux secs : 

Essentiellement présente dans les parties à faible pluviométrie ce type de végétation peut présenter des caractéristiques variées allant du fourré bas ne dépassant pas deux mètres à des forêts d’arbres pouvant atteindre quinze à vingt mètres de hauteur. On recense environ soixante dix espèces végétales inféodées à ces formations sèches. Cette végétation est plus complexe que les formations littorales et sa valeur patrimoniale et ses rôles écologiques importants, pourtant elle ne subsiste plus aujourd’hui qu’à l’état de vestiges menacés. La réserve naturelle nationale de l’îlot M’Bouzi a été créée pour protéger la forêt sèche de l’îlot.

Végétation mésophile* : 

*(qui possède des caractéristiques communes avec les milieux secs et humides)

 

Cette formation forestière est caractérisée par un mélange d’espèces sempervirentes (se dit d’un végétal qui possède un feuillage persistant) et caducifoliées (plantes à feuilles caduques). Pouvant atteindre 25 mètres de haut elle abrite de nombreuses espèces. Mais ce type de végétation, qui recouvrait jadis une partie importante de Mayotte, a été largement détruit ou transformé par l’homme.

Végétation humide : 

Occupant l’étage humide (au-dessus de 300 m d’altitude sous le vent et plus bas sur les versants au vent), la végétation humide de Mayotte possède les caractéristiques principales des forêts tropicales humides. Constituée d’une canopée parfois haute de trente mètres, d’où émergent quelques grands arbres dominants, elle abrite un sous-bois dense et étagé. Les nombreuses lianes, les ficus étrangleurs, l’abondance et la diversité des épiphytes (plantes utilisant d’autres végétaux comme support) ainsi que les nombreuses fougères et mousses illustrent la forte hygrométrie et confèrent à cette formation un caractère tropical.

Espaces transformés : 

Les principales atteintes à l’environnement ne datent que de la seconde moitié du XIX ème siècle avec le développement des activités agricoles coloniales. A cette époque l’essentiel des forêts de basse altitude a été défriché au profit des cultures. La pénibilité de cette activité agricole et la naissance d’un commerce d’importation alimentaire ont sonné le glas de cette culture à la fin des années 1960. A partir de là, de grands espaces ont été peu à peu reconquis par les forêts dites secondaires et par les agroforêts qui occupent aujourd’hui l’essentiel du paysage.

 

Presque exclusivement composés d’espèces exotiques importées au fil des migrations humaines, les espaces transformés sont beaucoup plus pauvres en espèces que les espaces naturels et constituent aujourd’hui l’essentiel du territoire de Mayotte (95% de la superficie).

 

 

L’exploitation des sols pour l’agriculture par l’usage de méthodes inadaptées à Mayotte comme le brûlis ou le surpâturage, ainsi que l’abattage d’arbres pour fabriquer du charbon de bois, contribuent à la formation de ce que l’on appelle des padzas (espaces dénudés sur lesquels plus rien ne pousse ).                                      

La forêt menacée : 

Les forêts de Mayotte (sèches ou humides, primaires ou secondaires) occupent environ 6000 hectares et constituent des réserves forestières appartenant à la collectivité ou à l’Etat. Ces forêts, insuffisamment protégées, sont menacées : coupe d’arbres, brûlis, agriculture sauvage, charbon de bois…

 

Au rythme actuel de la déforestation il ne restera plus de forêt à Mayotte dans trente ans !