Faune terrestre

Ile d’origine volcanique, Mayotte renferme un ensemble faunistique unique, diversifié, et fragile. La faune mahoraise s'est constituée au fil des siècles par des colonisations successives d’espèces provenant des régions limitrophes (Madagascar, Afrique). Certains animaux sont venus en volant, d'autres emportés par les vents et les cyclones et d’autres encore ont emprunté la mer, grâce à des radeaux flottants en dérive. Ils représentent la faune dite indigène.

 

L'insularité et le faible niveau de concurrence ont alors permis l'émergence d’une faune originale, endémique (terme qui implique que la répartition mondiale de l’espèce se limite à un territoire, en l’occurrence ici, à Mayotte). 

Les mammifères :

Les mammifères terrestres sont représentés en petit nombre sur l’île avec seulement 15 espèces. Les plus communs sont la roussette (Pteropus seychellensis comorensis), endémique des Comores et le lémurien ou « maki » (Eulemur fulvus mayottensis), endémique de Mayotte.

 

Les autres mammifères ne sont pas natifs de l’île et on été introduits par l’homme. On compte parmi eux, la souris domestique, le rat noir, la civette, le hérisson (tenrec ou tangue). Sans oublier les mammifères domestiques : chats, chiens, zébus, chèvres.

Les reptiles et amphibiens : 

Dix huit espèces de reptiles sont présentes à Mayotte, dont trois espèces de serpents et quinze lézards. Le groupe des lézards comprend les caméléons, les geckos et les scinques.

Parmi les serpents, on compte la couleuvre de Mayotte, espèce endémique, rare et en danger, ainsi que le serpent des cocotiers.

 

Une seule espèce de caméléon existe à Mayotte (Furcifer polleni) et est endémique de l’île.

Les geckos sont représentés par 5 espèces diurnes et 6 espèces nocturnes, qui fréquentent des habitats variés, des habitations aux zones forestières en passant par les plantations. Parmi ces espèces, quatre sont endémiques (gecko à bandes noires, gecko de Pasteur, gecko à ligne dorsale rouge et le gecko terrestre de Mayotte).

 

Trois scinques cohabitent à Mayotte : le scinque des Comores, le scinque fouisseur et le scinque maritime, sous-espèce endémique.

 

Concernant les amphibiens, deux espèces sont présentes : la grenouille et la rainette de Mayotte.

Les oiseaux : 

Plus de 140 espèces d’oiseaux ont été observés. Parmi elles, 42 sont migratrices et ne fréquentent l’île que de temps à autre et 32 sont nicheuses. Cette richesse avifaunistique tient en partie à la situation géographique de l’île, en bordure des routes migratoires des oiseaux. L’île présente une diversité d’habitats pour accueillir cette avifaune : îlots côtiers, mangroves, zones humides, forêts, côtes rocheuses,… 

 

Parmi les espèces nicheuses, deux sont endémiques de Mayotte : le souimanga (Nectarinia coquerellii) et le drongo (Dicrurus waldenii) et cinq sous-espèces pari lesquelles le Zosterops maderaspatana.

 

Le seul oiseau marin nicheur est le paille-en-queue à bec jaune (Phaethon lepturus) que l’on trouve sur les îlots (îlot M’Bouzi) et en Petite-terre.

 

 

Mayotte a une responsabilité quant à la conservation de certaines espèces d’oiseaux, menacées de disparition à l’échelle régionale ou mondiale : héron de Humblot, héron crabier blanc, grande aigrette, drongo de Mayotte, martinet noir africain, pigeon des Comores...

Les invertébrés : 

Mayotte compte de nombreuses espèces d’araignées. Les plus remarquables sont la mygale (Idioctis interdidalis), qui vit dans la vasière des Badamiers en Petite-Terre et la Néphile à toile d’or (Nephila inaurata). Cette dernière construit de grandes toiles jaunes très résistantes et la femelle présente une taille plusieurs fois supérieure à celle du mâle.

 

Les insectes est le groupe faunistique le plus riche de l’île avec :

-          116 espèces de papillons, dont 12 endémiques,

-          38 espèces d’odonates (libellules et demoiselles),

-          50 espèces d’orthoptères (grillons, criquets et sauterelles), dont 31 endémiques,

 

-          150 espèces de coléoptères.

Animaux dangereux : 

Il n’existe pas d’animaux dangereux à Mayotte mais il convient de faire attention aux scolopendres, une sorte de mille-pattes aux piqûres très douloureuses ainsi qu’aux moustiques, susceptibles de transmettre paludisme, dengue ou chikungunya. 

Faune marine 

Mayotte a la particularité de posséder une double barrière de corail de 180 km de long que l’on ne peut voir que dans deux autres endroits dans le monde (Nouvelle-Calédonie et îles Fidji). Zone d’observation exceptionnelle, Mayotte, l’île au lagon est un immense aquarium naturel. Ce milieu est très riche mais aussi très fragile.

Les mammifères marins : 

Mayotte est connue pour ses douzaines d’espèces de dauphins facilement observables en grand nombre d’individus. On peut ainsi croiser des longs becs, des dauphins tachetés, des dauphins au « chapeau melon » (Péponocéphale), des tursiops ou plus rarement des dauphins à bosse.

 

Quelques privilégiés ont pu apercevoir des orques ainsi que l’emblématique sirénien, le dugong, devenu très rare dans le lagon mahorais (moins d’une dizaine d’individus).

Les plus courageux pourront également partir à la recherche des requins (plutôt rares) qui viennent chasser la nuit dans le lagon (requin de récif, requin gris, à pointe blanche,…).

 

De plus en plus gros et incontournable à Mayotte : la baleine à bosse. Elle est de passage dans les eaux mahoraises de juillet à octobre. C’est là qu’elle vient mettre bas et qu’elle apprend à son baleineau à se nourrir et à se débrouiller dans l’eau. Mayotte reste un site exceptionnel d’observation des baleines, où la mise à l’eau avec ces géants des mers est encore possible.

 

 

Mayotte abrite aussi une grande famille de raies dans le lagon avec l’emblématique raie manta qu’il est possible de découvrir d’avril à juin.

Les tortues marines : 

Les tortues vertes et imbriquées sont nombreuses à Mayotte. Elles viennent se reproduire et pondre en masse sur toutes les plages de l’île. Il n’est pas rare de les croiser évoluant sous l’eau. Il est également possible d’assister à une ponte nocturne ou une émergence (éclosion des petits).

Poissons, coquillages et crustacés : 

Poissons chirurgiens, coffres, clowns, marguerites, papillons, pyjamas, perroquets, balistes, mérous et combien d’autres espèces, des formes les plus harmonieuses au plus bizarres, défilent en bancs, en couple ou solitaires assurant la féerie des lieux. Le périophtalme est un poisson bien particulier puisqu’il ne sait pas nager. Il se sert de ses deux nageoires pectorales pour sauter.

 

Crabes, huitres, moules sont aussi les habitants de la mangrove qui sert également de nurserie à bon nombre de poissons.

Si la murène est bien présente dans le lagon mahorais, sa cousine, l’anguille géante, fréquente les rivières mahoraises à la recherche de camarons, sorte d’écrevisses, dont elle raffole.

 

Dans la famille des céphalopodes, le poulpe, la seiche et le calamar sont aussi bien présents. Coté échinodermes, l’étoile de mer et l’holothurie (concombre de mer) se rencontrent très couramment dans le lagon.

 

Coté coquillages, on peut rencontrer des cônes, porcelaines, sept doigts, conque, casque et fer à repasser ainsi que de nombreuses autres espèces aussi jolies les unes que les autres.

 

Sans oublier, l’hippocampe, espèce emblématique et symbole suggéré par la silhouette de Grande-Terre.